La réalisation réfute de tomber dans le “sensationnalisme”

La F1 est souvent au centre des critiques pour sa diffusion des faits de course, et en particulier des communications radio. Les pilotes ont notamment déploré que certains messages prononcés à chaud soient mis en avant de manière injuste.
Mais la FOM a un protocole sur la manière dont elle diffuse en replay les caméras embarquées, qui est un choix conscient. Néanmoins, toutes les radios sont disponibles en direct sur F1 TV mais peuvent être éditées par la plateforme après coup.
“Si la voiture est en piste, nous avons la radio de cette voiture et nous avons accès à cette radio” a expliqué le directeur de la diffusion et des médias de la F1, Dean Locke. “L’époque où elle pouvait être cryptée ou inaccessible est révolue : cette radio est désormais disponible.”
“Je connais quelqu’un qui couvre le golf, et il m’a dit ’je peux suivre un golfeur pendant cinq heures sans rien obtenir, alors que ton athlète est dans une voiture, avec un casque sur la tête, dans un cockpit lancé à 320 km/h, et on capte toute l’émotion’.”
La Formule 1 ne veut pas que ses pilotes soient exposés en cas de problème, et elle prévoit la mise en place de garde-fous. Locke a expliqué que cela est mis en place lorsque le réalisateur s’inquiète de ce que le pilote pourrait être sur le point de dire.
“Il y a une responsabilité à ce niveau-là. Donc, pour la partie en direct, on peut en théorie écouter individuellement un pilote. Mais s’il y a quelque chose qu’il pourrait regretter, nous devons un peu le protéger de cela. Nous avons donc une fonction qui nous permet d’y faire face : couper le son, ou le biper à l’occasion.”
La FOM doit également choisir quels messages traduisent le mieux les moments clés de la course, et combien d’entre eux diffuser : “Sur le flux international, c’est un peu différent. C’est un public bien plus large auquel nous choisissons de diffuser ces messages. C’est contextuel, ça doit l’être.”
“Le délai est d’environ 15 secondes, donc l’extrait peut encore arriver pendant qu’on le diffuse. Mais cela nous laisse le temps de baisser le volume des sons d’ambiance, d’augmenter le volume de la radio, éventuellement de biper un pilote si nécessaire, et aussi de prendre une décision éditoriale. Donc : est-ce que cela a du sens dans le contexte ?”
Bien que la F1 ait été accusée par certains de privilégier les messages radio les plus émotionnels ou grossiers, Locke insiste sur le fait qu’ils ne cherchent pas à faire du sensationnalisme, et il donne même une consigne inverse à ses équipes.
“Une fois, j’ai critiqué un extrait qui contenait plus de jurons que de mots ’normaux’. Je me suis dit : ’je trouve que c’est un peu trop sensationnaliste, plutôt que de vraiment raconter ce que le pilote essaye de nous dire’.”
Cependant, la FOM considère les communications radio comme un outil narratif important : “Nous avons eu des courses où deux coéquipiers, via l’équipe, discutaient, et en réalité, sans ce processus, on n’aurait pas vraiment compris l’histoire de ce qui se passait.”
“Donc nous en avons besoin pour alimenter le récit éditorial, pour comprendre ce qui se joue entre deux voitures ou dans une bataille. Nous ne sommes pas là pour faire du sensationnalisme. L’équipe est là pour raconter une histoire, c’est son rôle.”
“Donc le processus est le suivant : la radio arrive, ils estiment qu’elle est importante, ils commencent à en découper un extrait. Ensuite, ils l’envoient, après en avoir informé le réalisateur.”
“Le réalisateur peut aussi choisir de montrer le sujet concerné. Si c’est légèrement plus décalé dans le temps, nous pouvons décider de l’utiliser en replay, car cela permet aussi de raconter l’histoire d’un replay, tous les replays ne sont pas simples à comprendre, donc cela peut aider à expliquer un peu ce qui se passe à ce moment-là.”
Une chose que la réalisation de la F1 doit également prendre en compte, surtout à l’approche de la finale de la saison, c’est la lutte pour le titre mondial entre Lando Norris, Oscar Piastri et Max Verstappen.
“Il y a en ce moment de solides batailles, par exemple avec les McLaren, donc nous devons être pleinement concentrés là-dessus et bien le faire ressentir aux fans. Mais encore une fois, l’action en piste reste la priorité.”
“Cependant, il se passe souvent beaucoup de choses en même temps, et l’équipe travaille très dur chaque semaine pour déterminer exactement comment nous pouvons le mieux montrer tout cela. “
Cela ne se produit pas seulement pendant la course, mais aussi avant celle-ci. À titre d’exemple, Locke cite le Grand Prix du Mexique : “Par exemple, il y a eu beaucoup de discussions à propos du premier virage au Mexique, car nous savions que quelque chose pouvait s’y produire.”
“La question était alors : devons-nous adopter un plan de caméra plus large afin de montrer également les zones de dégagement ? Tous nos réalisateurs et producteurs travaillent à plein temps, ce qui leur permet d’évaluer après chaque course ce qui a bien fonctionné et ce qui pourrait être amélioré.”
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