Et les difficultés que peut rencontrer Piastri

Damon Hill sait ce qui est en jeu pendant la lutte pour le championnat du monde. Battu par Michael Schumacher en 1994 et 1995, dont une fois à cause d’une manœuvre illégale de l’Allemand, il a remporté le titre en 1996 chez Williams F1 face à Jacques Villeneuve.
Dans le podcast de The Race, Stay On Track with Damon Hill and Johnny Herbert, Hill a livré son analyse sur la lutte de plus en plus tendue pour le championnat entre les coéquipiers McLaren Lando Norris et Oscar Piastri, ainsi que sur la menace de la Red Bull de Max Verstappen.
“C’est fantastique. C’est excitant, mais ça vous atteint, il n’y a aucun doute là-dessus. Il y a un poids, et je me demande si ce n’est pas le problème d’Oscar” a déclaré Hill. “Il y a ce poids, on ne peut pas simplement aller jusqu’à la fin. Il faut mener.”
“On en vient à souhaiter qu’ils puissent tout arrêter maintenant, qu’ils puissent interrompre le championnat et dire ’nous devons désigner un vainqueur car nous ne pouvons pas faire les cinq dernières courses’. En ce moment, il n’est plus en tête, mais pendant longtemps, Oscar a porté ce poids.”
“Tout le monde dit qu’il n’y a pas de pression. Vous vous souvenez de Nigel Mansell ? C’était une évidence qu’il allait devenir champion du monde avec la voiture qu’il avait, la Williams FW14B, la voiture à suspension active.”
“Elle était bien meilleure que toutes les autres, et il gagnait avec une large avance. Tout le monde lui répétait ’tu vas gagner le championnat’. Mais il éludait, il bottait toujours en touche à chaque fois qu’on lui posait la question. Il refusait d’en parler. Et je pense que mentalement, il faut faire ça.”
“C’est comme en course : il ne sert à rien de penser au drapeau à damier quand il reste encore dix tours. Parce que dès que vous y pensez, vous voulez que ce soit fini, mais vous n’y êtes pas encore. Vous devez finir ces dix tours, sans sortir de cet état d’esprit.”
“L’année de mon championnat, j’étais dans une bulle. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait ailleurs dans le monde. Il existe toutes sortes d’approches. Je suis sûr que la méthode de [Ayrton] Senna, de [Alain] Prost ou de Mansell étaient un peu différentes, mais je pense qu’ils comprenaient tous l’importance de cet aspect-là.”
Hill pense également que Norris et Piastri doivent gérer un certain effet de surprise de se retrouver si vite si bien placés : “Je crois que ça a été un choc pour des gars comme Oscar et Lando, car soudainement, leur voiture est devenue compétitive l’an dernier.”
“McLaren a soudainement trouvé quelque chose. Et ils ont commencé cette saison avec un gros avantage. Je pense qu’ils se sont dit ’c’est génial, non ? On a une super voiture, on va gagner toutes les courses, c’est formidable’. C’était presque vrai. Mais ensuite, ils ont réalisé ’l’un de nous deux sera champion du monde. Et je ne veux pas que ce soit toi’.”
“Si j’étais Oscar, j’aurais pensé ’tout se passe à merveille, je mène le championnat. Tout ce que j’ai à faire, c’est de garder Lando derrière moi. J’ai encore quelques points d’avance, comme une ligne de pêche : je peux laisser filer un peu, tant que le fil ne se déroule pas complètement avant la fin du championnat’.”
“Il avait le luxe d’une avance au classement. Et puis soudain, il a perdu pied. Je me souviens que [le manager de Piastri] Mark Webber disait ’ce gars n’avait même jamais raté un seul virage dans une F1 auparavant’. Et puis il arrive à Bakou, et il détruit deux châssis.”
“La seule explication possible, c’est que son état d’esprit a changé : il est passé de quelqu’un qui abordait chaque course comme un objectif individuel, ce qui est en réalité la bonne approche, à quelqu’un qui commence à penser au championnat. En d’autres termes, si vous prenez les courses une par une, alors ce qui doit arriver arrivera.”
Hill s’est toutefois dit impressionné par la manière dont Piastri gère la pression médiatique : “Il est ouvert, mais il ne parle pas trop et ne se laisse pas déstabiliser par les questions. On lui a récemment posé des questions du genre ’penses-tu que tu es en train de tout perdre ?’ Pouvez-vous imaginer ce que vous ressentiriez si on vous disait ça ?”
“Et il semble avoir très bien géré cette pression. Mais quelque chose s’est produit, et je pense qu’il a trébuché sur ce problème, la réalisation soudaine que tu pourrais devenir champion du monde. Et là, tu ressens cette montée d’adrénaline, cette surexcitation.”
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