Sacré champion du monde de Formule 1 pour la première fois de sa carrière, Lando Norris n’échappe pas pour autant aux débats. Si le Britannique a mis fin à quatre années de domination de Max Verstappen, certains observateurs estiment que son titre doit davantage au niveau de sa McLaren qu’à une supériorité individuelle. C’est en tout cas l’avis très direct de l’ancien pilote de F1 Robert Doornbos.
Selon le Néerlandais, consultant pour la télévision Viaplay et compatriote du pilote Red Bull Racing, Norris n’était tout simplement “pas le meilleur pilote de 2025” affirmant que la différence s’est faite avant tout grâce à la voiture.
“Le champion du monde 2025 n’est pas le meilleur pilote de 2025 et tout le monde le pense,” a lancé Doornbos à Formule 1 Magazine.
“La différence, c’est la voiture. La McLaren de Norris a été la voiture dominante toute l’année. Mais il a maintenant un poids en moins sur les épaules et tout le reste ne sera que du bonus, si cela arrive !”
Doornbos établit un parallèle clair avec un précédent bien connu de l’histoire récente de la F1 : le titre de Jenson Button en 2009. À l’époque, le Britannique avait su capitaliser sur l’avance technique initiale de la Brawn GP BGP 001 avant que ses rivaux ne comblent leur retard en seconde partie de saison.
“La similarité avec Button, c’est la réduction de l’avance et la tension que cela entraîne.”
Une comparaison lourde de sens, alors que Piastri puis Norris ont vu leur confortable matelas de points fondre au fil des courses face à la remontée spectaculaire de Verstappen.
Le pilote McLaren a néanmoins assuré l’essentiel lors du dernier rendez-vous de la saison à Abu Dhabi. Sa troisième place a suffi pour décrocher son premier titre mondial et mettre un terme au règne de quatre ans du Néerlandais.
Pourtant, le scénario semblait initialement bien différent. McLaren était pressentie pour verrouiller les deux premières places du championnat, avant que Verstappen ne signe l’une des plus grandes remontées de l’histoire récente de la F1, effaçant quasiment un retard de 104 points pour échouer à seulement deux unités du titre.
Au final, Verstappen a conclu la saison avec huit victoires, contre sept pour Norris et sept pour Oscar Piastri, des chiffres qui nourrissent encore davantage le débat.
Pour Doornbos, le titre de Norris reste mérité sur le plan comptable, mais imparfait dans sa manière.
“Gagner reste gagner. Mais il y aura toujours un goût particulier à ce titre pour Norris. Il aurait pu et dû se rendre la tâche beaucoup plus facile.”
L’ancien pilote va plus loin en s’interrogeant sur l’avenir du Britannique dans un contexte réglementaire totalement renouvelé en 2026.
“Et est-ce qu’il aura une autre opportunité comme celle-ci ? C’est une vraie question avec les nouveaux règlements techniques de l’an prochain.”
La saison 2025 de Norris n’a d’ailleurs pas été exempte de critiques. Malgré son sacre, le Britannique a dû faire face à des interrogations persistantes sur sa solidité mentale et sa capacité à gérer la pression d’un championnat du monde.
Interrogé à ce sujet par les médias lors du Grand Prix du Brésil, après sa victoire la plus dominante de sa carrière à São Paulo, Norris avait balayé ces doutes avec une réponse sans détour.
“Ignorez simplement tous ceux qui racontent des conneries sur vous. Concentrez-vous uniquement sur vous-même.”
Un discours que Doornbos nuance, estimant que l’impact médiatique est difficile à ignorer, surtout pour un pilote au profil émotionnel comme Norris.
“Je sais comment ça fonctionne. Quand les médias écrivent du bien sur vous, c’est agréable. Et quand ils écrivent du mal, vous pouvez dire : ’Je ne lis pas’, mais au fond, ça vous atteint quand même.”
“Max Verstappen et Oscar Piastri ne sont pas sensibles à ça, je pense. Mais pour Norris, c’est différent, compte tenu de sa personnalité. Et ce genre de choses peut devenir un point faible quand vous voulez jouer les titres à ce niveau-là.”
“La Formule 1 est un sport de décisions instantanées, prises en une fraction de seconde. Si vous avez alors une pensée négative, consciemment ou inconsciemment, cela peut vous coûter deux ou trois centièmes.”